Après une tempête, un impact de grêle ou un coup de foudre à proximité, l’essentiel sur vos panneaux solaires se vérifie en quelques minutes depuis le jardin : l’état des vitres, des fixations, des câbles visibles. Une chaîne de panneaux ou un optimiseur peut rester silencieux pendant qu’un onduleur qui a redémarré tout seul affiche une puissance instantanée parfaitement normale : cela ne se lit ni sur le toit ni sur l’écran d’accueil de l’application. La seule vérification qui tranche est votre propre historique de production : le kWh du jour, comparé aux jours qui ont précédé l’épisode et à ce que la météo a réellement permis ce jour-là.
Ce qu’il faut vérifier depuis le sol, et ce qu’il ne faut jamais faire
Depuis le jardin, la rue ou une fenêtre du voisin, vous pouvez repérer ce qui a visiblement bougé ou cassé : une vitre fissurée, un panneau qui a changé d’angle, un rail ou une pince de fixation qui s’est déplacée. Des jumelles ou une photo prise au zoom depuis une fenêtre en hauteur suffisent souvent à confirmer ce que vous soupçonnez sans vous approcher davantage.
Ne montez pas sur le toit pour aller voir de plus près. Même pour les professionnels, le Code du travail interdit le travail en hauteur quand la météo (vent important, tempête) menace leur sécurité, et l’INRS, l’organisme officiel de prévention des risques professionnels, demande de toujours privilégier la protection collective. Un toit mouillé ou instable après une tempête n’est pas plus sûr parce que c’est vous qui y montez. Ne touchez pas non plus aux câbles ou aux connecteurs, et n’ouvrez pas l’onduleur. L’inspection du toit reste un travail pour quelqu’un d’équipé.
Les dégâts qui se voient, et ceux que seule la production révèle
Une vitre cassée, un panneau déplacé ou une fixation qui a bougé se voient depuis le sol.
Ce qui ne se voit pas : après une perturbation électrique, comme une coupure brève ou une surtension proche, un onduleur peut redémarrer normalement et laisser une chaîne de panneaux, ou un seul optimiseur, hors service, sans afficher le moindre message d’erreur. L’onduleur continue de produire avec ce qu’il lui reste de fonctionnel, et l’écran d’accueil de l’application montre une puissance instantanée qui a l’air normale à l’instant où vous regardez. Rien, ni sur le toit ni sur cet écran, ne dit qu’une partie de l’installation manque à l’appel : seul le total produit dans la journée, comparé à ce qu’un jour comparable produisait avant, le montre.
photovoltaique.info, le centre national de ressources sur le photovoltaïque, cite un cas voisin : une installation qui produit normalement alors que des connexions ont fondu (onduleurs, panneaux, câbles). Une production qui a l’air normale ne garantit pas que tout l’est.
La grêle et ce que les normes testent réellement
Pour Météo-France, la grêle est faite de particules de glace de plus de 5 mm de diamètre, les grêlons, redoutables pour toutes sortes de structures, surtout les bâtiments et plus encore l’agriculture. Le plus gros grêlon relevé mesurait 13 cm, à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées), le 20 juin 2022 (base ESSL, citée par Météo-France) : un record, pas une taille courante.
Les normes portent sur un impact précis et documenté, jamais sur « une résistance à la grêle » sans plus de précision. Selon le fabricant de modules WINAICO, le test de la norme IEC 61215 frappe les modules en 11 points avec des grêlons de 25 mm de diamètre lancés à 23 m/s. WINAICO dit avoir demandé pour ses propres panneaux un test plus sévère, à 35 mm et 27,2 m/s, soit quatre fois l’énergie d’impact du test standard.
Un test indépendant existe aussi en France : Que Choisir (UFC-Que Choisir) a fait tirer sur des kits solaires 5 grêlons de 35 mm à 27,2 m/s, en mesurant la puissance produite avant et après l’impact. Ce sont les mêmes paramètres que le test renforcé de WINAICO, dans un autre laboratoire.
La foudre : les panneaux l’attirent-ils, et que dit la réglementation
Promotelec, l’association française spécialisée dans la sécurité électrique, répond directement à la question que beaucoup se posent : « non, les panneaux solaires n’attirent pas la foudre. »
Le risque vient des surtensions qu’un impact proche peut provoquer sur le réseau ou le câblage : comme toute installation électrique, celle-ci doit en être protégée. En France, c’est le guide UTE C 15-712-1, la référence pour les installations photovoltaïques raccordées au réseau, qui encadre notamment « le choix des dispositifs de protection : fusibles du circuit à courant continu, parafoudres des circuits à courant continu et alternatif », selon photovoltaique.info. Les conditions qui rendent un parafoudre obligatoire sur une installation donnée (la distance à la ligne, la zone kéraunique, la présence ou non d’un paratonnerre sur le bâtiment) se vérifient avec un électricien qui connaît la norme NF C 15-100 et son guide UTE C 15-712-1.
Ce que veut votre assurance, et pourquoi la date compte
Un sinistre grêle, foudre ou incendie sur une installation photovoltaïque ne se traite pas comme une simple baisse de production. photovoltaique.info conseille de contacter d’abord votre assurance « dommages aux biens », qui indique la procédure et les experts, et en parallèle un installateur pour chiffrer le remplacement des panneaux ou de l’onduleur. Pour une baisse de production sans dommage visible, c’est l’installateur qui en cherche la cause.
Le délai compte autant que le bon interlocuteur. Pour la grêle, France Assureurs demande de déclarer les dommages à l’assureur de votre habitation au plus tard cinq jours ouvrés après en avoir eu connaissance, avec un état estimatif des pertes, des photos des dégâts et, si vous réparez vous-même, les factures des matériaux. Pour la tempête, le délai est aussi de cinq jours, et la garantie tempête-neige-grêle (« TNG ») joue en général au-delà de 100 km/h de vent, selon la préfecture de la Manche.
Le délai part de la date où vous avez eu connaissance du dommage, pas de la date de l’orage. Or une puissance instantanée normale sur l’écran d’accueil peut cacher ce dommage : si une chaîne est restée silencieuse sans que rien ne vous alerte, la date où vous « en avez connaissance » se déplace d’autant, et avec elle le début du délai.
Ce que disent vos propres chiffres
La réponse est dans votre propre historique de production, pas dans un voyant ou une puissance instantanée relevée un instant donné. L’application du fabricant, ou un rapport mensuel téléchargé depuis celle-ci, donne le kWh produit chaque jour. Comparez les jours qui suivent l’épisode aux jours qui l’ont précédé, et surtout à ce que la météo a réellement permis ce jour-là : un jour dégagé après la tempête devrait s’approcher d’un jour dégagé comparable d’avant, pas d’un jour couvert pris au hasard, et un jour couvert doit se comparer à un jour couvert, jamais à un record de production de plein été. Le guide sur la perte de production photovoltaïque détaille cette comparaison pas à pas. Solmiro la fait pour vous chaque jour : il calcule ce que la météo au-dessus de votre toit permettait, et vous écrit quand la production reste nettement en dessous ou s’arrête. La connexion est gratuite. Si l’épisode tombe dans un hiver où El Niño occupe les gros titres, le guide sur El Niño et la production d’hiver expose ce que la prévision saisonnière peut et ne peut pas dire d’une production de décembre, et comment y distinguer la météo d’une panne.
Si vous n’avez pas encore rouvert l’application depuis l’épisode, commencez par le contrôle de base décrit dans comment savoir si vos panneaux solaires fonctionnent : voyants, puis production du jour. Si, une fois la comparaison faite à météo équivalente, l’écart reste net et ne se résorbe pas au bout de quelques jours dégagés, ce n’est plus une question de météo : le guide de diagnostic pour un onduleur hors ligne ou une production qui ne remonte pas prend le relais. Et si le tarif ou l’index qui doit entrer dans votre dossier d’assurance vous échappe, l’index d’injection Linky et le relevé EDF OA sont expliqués dans le guide sur la facture EDF OA.
Les questions que posent les propriétaires
Les panneaux solaires attirent-ils la foudre ?
Non. Promotelec, l’association française spécialisée dans la sécurité électrique, répond directement : « non, les panneaux solaires n’attirent pas la foudre. » Le risque vient des surtensions qu’un impact proche peut provoquer : c’est contre elles qu’il faut protéger l’installation électrique.
Combien de temps ai-je pour déclarer un sinistre grêle à mon assurance habitation ?
France Assureurs indique un délai de « cinq jours ouvrés à partir du moment où vous en avez connaissance », avec un état estimatif des pertes, des photos et vos factures si vous réparez vous-même. Le délai part de la date où vous constatez le dommage, pas de la date de l’épisode.
Un panneau solaire est-il garanti contre la grêle ?
Pas de façon absolue. La norme IEC 61215 teste, selon la description qu’en fait le fabricant WINAICO, des grêlons de 25 mm à 23 m/s sur 11 points du panneau : un impact précis et documenté, jamais une garantie de résistance à n’importe quelle grêle.
Mon onduleur solaire a redémarré après la tempête et l’application affiche une puissance normale : est-ce que tout va bien ?
Pas nécessairement. Un onduleur peut redémarrer et produire avec ce qu’il lui reste de fonctionnel, pendant qu’une chaîne ou un optimiseur reste hors service sans le moindre message d’erreur. Seule une comparaison du kWh du jour avec des jours précédents à météo comparable le révèle.
Après une grêle ou un coup de foudre sur mes panneaux solaires, qui dois-je contacter : l’installateur ou l’assurance ?
Selon photovoltaique.info, un sinistre « grêle, foudre, incendie, etc. » relève de votre assurance « dommages aux biens ». L’installateur reste, lui, l’interlocuteur d’une baisse de production sans dommage visible.