El Niño ne vous dira pas ce que votre toit produira en décembre. La NOAA donne plus de 90 % de probabilité d’un épisode très fort pendant l’automne et l’hiver 2026-2027, mais cela concerne le Pacifique. Pour l’Europe, Météo-France écrit que l’influence d’El Niño est statistiquement plus forte en hiver, et que l’ampleur de son impact « reste toutefois à confirmer ». Votre décembre pèse de toute façon peu dans l’année : environ 4 % de la production annuelle à Paris. Un hiver annoncé comme inhabituel est aussi celui où une vraie panne passe le plus facilement pour de la météo, et ce qui les distingue, c’est votre production jour par jour, comparée au temps qu’il a fait chez vous.
« Very strong » : ce que la NOAA annonce pour l’hiver 2026-2027
El Niño est un réchauffement périodique de la surface de l’océan dans le Pacifique équatorial, au centre et à l’est. Le bulletin du 10 septembre 2026 de la NOAA, en alerte « El Niño Advisory », donne plus de 90 % de probabilité d’un événement très fort (« very strong ») pendant l’automne et l’hiver 2026-2027 de l’hémisphère Nord, et 75 % de probabilité, sur octobre-décembre 2026, d’un épisode historique, plus fort que tous ceux observés depuis 1950. Ces chiffres décrivent l’océan Pacifique : le bulletin ne dit pas un mot de l’Europe.
El Niño et l’hiver européen : ce que dit Météo-France
Selon Météo-France, l’épisode a débuté en juin 2026 et devrait atteindre son maximum en fin d’année ; il pourrait alors compter parmi les plus forts observés depuis 1950. Pour la France, les effets des prochains mois concerneront surtout les territoires ultramarins.
Pour notre continent, Météo-France écrit :
Sur l’Europe, son influence est statistiquement plus forte au cours de l’hiver, et s’ajoute à celle de l’océan Indien sur la circulation atmosphérique de grande échelle.
Mais il ajoute que « l’amplitude de ces prévisions et de l’impact de ce phénomène à l’échelle du globe reste toutefois à confirmer », et que ses prévisions au-delà du Pacifique équatorial restent à affiner. Il précise aussi que la chaleur persistante qui touchait alors l’Europe de l’Ouest n’était pas liée à El Niño.
La liste des régions touchées que dresse l’Organisation météorologique mondiale ne comprend pas l’Europe.
Production des panneaux solaires en hiver : ce qui la détermine vraiment, El Niño ou non
Quatre facteurs déterminent la production d’une installation, rappelle photovoltaique.info, le centre national de ressources sur le photovoltaïque : sa puissance, sa localisation, l’orientation et l’inclinaison de ses panneaux, et les ombrages éventuels. Aucun ne dépend de la météo de l’hiver qui vient. Le site recommande PVGIS, l’outil de la Commission européenne, pour calculer la production d’une installation donnée, et rappelle qu’en France, les modules sont idéalement orientés plein sud et inclinés à 30 degrés en moyenne.
Le facteur qui domine l’hiver, c’est la saison elle-même. Pour 1 kWc à Paris, orienté au sud et incliné à 38°, avec 14 % de pertes, PVGIS donne une production annuelle moyenne de 1 136,27 kWh, répartie ainsi :
| Mois | Production moyenne (kWh/kWc) | Écart-type d’une année sur l’autre |
|---|---|---|
| Janvier | 44,99 | 7,25 (16,1 %) |
| Février | 63,68 | 15,65 (24,6 %) |
| Mars | 100,55 | 15,65 (15,6 %) |
| Avril | 127,64 | 18,79 (14,7 %) |
| Mai | 126,90 | 19,08 (15,0 %) |
| Juin | 127,56 | 16,11 (12,6 %) |
| Juillet | 132,26 | 14,65 (11,1 %) |
| Août | 124,68 | 10,53 (8,4 %) |
| Septembre | 110,63 | 9,25 (8,4 %) |
| Octobre | 79,73 | 9,53 (12,0 %) |
| Novembre | 52,26 | 9,61 (18,4 %) |
| Décembre | 45,39 | 10,81 (23,8 %) |
Décembre, janvier et février pèsent ensemble 154,06 kWh, soit 13,6 % de l’année ; d’octobre à mars, 386,60 kWh, soit 34,0 %. Décembre seul vaut 4,0 % de l’année, et juillet en produit 2,9 fois plus. D’une année sur l’autre, décembre varie de 10,81 kWh autour de 45,39 (23,8 %), août de 10,53 autour de 124,68 (8,4 %) : le même écart absolu, sur un peu plus du tiers de la production.
Ramenée au jour, la moyenne de décembre donne environ 1,5 kWh par jour et par kWc : voilà ce que produit un panneau solaire par jour en hiver, à raisonner en kilowatts-crête et non en nombre de panneaux. Pour 6 kWc, cela fait environ 8,8 kWh par jour, à Paris et avec cette orientation-là.
Une toiture à Lille, à Perpignan, à Liège ou en Suisse romande, ou simplement orientée autrement, affiche d’autres chiffres : lancez le calcul pour votre propre adresse sur PVGIS. Il existe aussi la carte de productible de photovoltaique.info.
Comment une panne d’hiver se découvre : par la facture, une saison plus tard
Le mécanisme est toujours le même, et ce sont les propriétaires eux-mêmes qui le documentent sur les forums. La baisse commence, elle est mise sur le compte du temps, et la facture arrive longtemps après.
Un propriétaire équipé SolarEdge n’a rien remarqué jusqu’en septembre 2021, quand une facture d’électricité inattendue est arrivée ; dans ses données de suivi, la production baissait nettement depuis mars 2021 (solarpaneltalk.com, 2022). Six mois ont passé avant qu’il la voie, alors qu’il disposait d’une plateforme de suivi.
Un autre mettait une production un peu plus faible sur le compte d’un temps plus nuageux et du vieillissement des panneaux. En vérifiant l’onduleur, il a vu que la chaîne 2 fonctionnait, mais que la chaîne 1 (un « string », dans le vocabulaire des installateurs) avait la bonne tension (360 V) et une intensité nulle, donc aucune production. L’onduleur avait l’air de fonctionner normalement et n’affichait aucun message d’erreur (forum MoneySavingExpert, 2019).
En temps normal, mettre une chaîne morte sur le compte de la météo passe déjà. Dans un hiver annoncé comme inhabituel, l’explication devient presque irrésistible et, faute de point de comparaison, impossible à réfuter. La production perdue pendant ce temps-là ne revient pas.
Vos panneaux solaires produisent moins en hiver : la vérification qui distingue la météo d’une panne
Selon l’OMM, les modèles de prévision saisonnière prévoient désormais les régimes climatiques un à six mois à l’avance. Ils ne disent rien des kilowattheures d’une toiture donnée, une semaine donnée.
Ce qui descend à cette échelle, c’est votre propre historique. La méthode tient en trois gestes :
- Sortez vos kWh jour par jour. L’application de suivi de votre onduleur photovoltaïque, ou son rapport mensuel, donne la production quotidienne. C’est la seule donnée qui parle de votre toit.
- Comparez la semaine faible au temps qu’elle a eu, chez vous, et pas à la même semaine de l’an dernier. Deux décembres ne se ressemblent pas, et comparer un mauvais décembre à un bon décembre ne prouve rien.
- Cherchez la marche d’escalier. La météo fait monter et descendre la production tous les jours. Une panne fait autre chose : elle crée une rupture qui ne remonte pas, ou un plafond net, souvent une production divisée par deux quand une chaîne sur deux est morte. Le guide perte de production photovoltaïque : normal ou panne ? détaille le diagnostic par les chiffres.
Solmiro fait cette vérification chaque jour pour vous, avec une attente calée sur votre toiture, et vous écrit en cas d’arrêt complet de la production, d’absence de données ou d’écart important avec ce que la météo permettait. La connexion est gratuite.
Le centre national de ressources sur le photovoltaïque demande au minimum un relevé mensuel au particulier qui suit lui-même son installation (jusqu’à 36 kWc), et range parmi les tâches d’exploitation la vérification du bon fonctionnement et l’alarme en cas de sous-production.
« C’était sans doute la météo » ne se vérifie qu’avec un point de comparaison : votre historique et le temps qu’il a fait chez vous. Sans lui, l’hypothèse se tranche au printemps, sur une facture.
Les questions que posent les propriétaires
El Niño va-t-il faire baisser la production de mes panneaux solaires cet hiver ?
Personne ne peut le prévoir pour votre toit. Météo-France écrit que sur l'Europe l'influence d'El Niño « est statistiquement plus forte au cours de l'hiver », mais que l'ampleur de son impact « reste toutefois à confirmer », et que ses effets des prochains mois concerneront surtout les territoires ultramarins. Votre décembre restera de toute façon une petite part de votre année : environ 4 % de la production annuelle à Paris.
Combien produit un panneau solaire par jour en hiver ?
À Paris, environ 1,5 kWh par jour et par kWc en décembre : PVGIS (1 kWc, angles optimaux, 14 % de pertes) donne 45,39 kWh pour le mois, soit environ 8,8 kWh par jour pour une installation de 6 kWc. Le chiffre dépend de votre adresse, de votre orientation et de votre inclinaison. Lancez le calcul pour votre propre adresse sur PVGIS plutôt que de reprendre le chiffre parisien.
Ma production a chuté entre octobre et décembre, est-ce normal ?
Sur les valeurs PVGIS de Paris (1 kWc, angles optimaux, pertes 14 %), octobre vaut 79,73 kWh, novembre 52,26 kWh et décembre 45,39 kWh. La production baisse donc d'environ 34 % d'octobre à novembre et de 13 % de novembre à décembre : c'est la forme normale de la saison à cet endroit. Ce qui mérite un regard, c'est l'écart entre votre décembre et le décembre attendu pour votre toiture, pas l'écart entre votre décembre et votre octobre.
Comment savoir si c'est la météo ou une panne ?
En comparant votre propre production au temps qu'il a réellement fait chez vous sur la même période, et non à l'année précédente : deux décembres ne se ressemblent pas. Concrètement, sortez les kWh jour par jour de la semaine qui vous inquiète, regardez le temps qu'il a fait ces jours-là, et cherchez la marche d'escalier : une journée où la production tombe et ne remonte pas. Le guide sur la perte de production photovoltaïque détaille la méthode.
Faut-il surveiller sa production tous les jours en hiver ?
Le minimum demandé au particulier qui suit lui-même son installation (jusqu'à 36 kWc) est un relevé mensuel, selon photovoltaique.info, le centre national de ressources sur le photovoltaïque. La même page range la vérification quotidienne du bon fonctionnement et l'alarme en cas de sous-production parmi les tâches d'exploitation. Un relevé mensuel noté quelque part suffit déjà à rendre un trou visible.