Une pompe à chaleur et des panneaux solaires ne se rencontrent pas au même moment de l’année : le toit produit le plus en été, la pompe consomme le plus en hiver. Pour une installation de 3 kWc inclinée à 35°, plein sud, avec 14 % de pertes, PVGIS donne à Lyon 3 853,78 kWh par an, dont 19,6 % seulement entre novembre et février, et à Lille 3 212,38 kWh, dont 16,5 % sur ces quatre mois. Le gain réel se joue au printemps et à l’automne, quand la pompe tourne encore et que le toit produit déjà bien. Pour votre toit, ce sont vos kWh mensuels réels, comparés aux mois de référence, qui le disent.
Ce que le toit produit mois par mois, hiver compris : Lyon et Lille
Ce que produit en moyenne une installation de 3 kWc inclinée à 35°, plein sud, avec 14 % de pertes, selon PVGIS, le calculateur gratuit de la Commission européenne :
| Mois | Lyon (kWh) | Lille (kWh) |
|---|---|---|
| Janvier | 173,29 | 116,76 |
| Février | 239,83 | 171,86 |
| Mars | 353,55 | 285,85 |
| Avril | 393,83 | 370,79 |
| Mai | 402,82 | 381,58 |
| Juin | 420,27 | 383,19 |
| Juillet | 443,52 | 380,74 |
| Août | 420,57 | 345,44 |
| Septembre | 374,72 | 308,30 |
| Octobre | 287,43 | 225,30 |
| Novembre | 188,11 | 137,09 |
| Décembre | 155,84 | 105,47 |
| Année | 3 853,78 | 3 212,38 |
En parts de l’année :
- Lyon : décembre + janvier = 329,13 kWh, soit 8,5 % de l’année ; novembre à février = 19,6 % ; mai à août = 43,8 %. Décembre vaut 35 % de juillet.
- Lille : décembre + janvier = 222,23 kWh, soit 6,9 % ; novembre à février = 16,5 % ; mai à août = 46,4 %. Décembre vaut 28 % de juillet.
Deux conséquences directes. D’abord, plus on monte vers le nord, plus le creux d’hiver est profond : à Lille, décembre rend un peu plus du quart d’un mois de juillet. Ensuite, ces valeurs sont celles de deux sites précis, à une orientation précise. Elles ne sont pas « la France » : pour votre toit, relancez PVGIS avec vos coordonnées, votre inclinaison et votre azimut.
Là où pompe à chaleur et panneaux solaires se rencontrent vraiment : le printemps et l’automne
Le taux d’autoconsommation monte dès que la consommation se déplace sous la courbe de production. Une pompe à chaleur est un poste de consommation lourd, en partie déplaçable dans la journée : elle peut donc consommer sur place une électricité qui, sans elle, partirait sur le réseau.
Les mois où ce recouvrement est le plus large sont ceux où la pompe tourne encore et où le toit produit déjà : mars, avril, octobre. Dans les tableaux ci-dessus, à Lyon, mars vaut déjà 353,55 kWh, soit plus du double de décembre, et octobre 287,43 kWh, près du double.
Que la pompe alimente des radiateurs ou un plancher chauffant ne change rien à ces tableaux : ils décrivent la production du toit, pas ce qu’elle alimente. La part réellement autoconsommée dépend, elle, de vos horaires et de votre installation, et seules vos propres courbes la donnent.
De combien cela fait monter votre taux d’autoconsommation dépend de votre maison. Pour le calculer, photovoltaique.info, le centre de ressources national animé par Hespul, demande deux courbes sur une année : la production de l’installation et la consommation du bâtiment. Son exemple chiffré, valable pour ce seul cas, aboutit à 38,3 % de la production autoconsommée et 61,7 % injectée, et la page renvoie vers Autocalsol, l’outil gratuit de l’INES.
Pompe à chaleur avec batterie : le stockage ne fait pas le pont entre l’été et l’hiver
C’est la question qui revient dès qu’on parle de décalage saisonnier. Une batterie stocke le surplus produit quand la production dépasse la consommation, et le rend plus tard dans la même journée. Elle augmente le taux d’autoconsommation, mais permet rarement de consommer toute la production sur place, selon photovoltaique.info. Elle ne reporte pas juillet sur janvier.
Heures creuses : quand faire tourner la pompe à chaleur, et la règle qui bouge en ce moment
Nouveauté pour une majorité de clients, la réforme d’Enedis place trois heures creuses en journée, en début ou milieu d’après-midi, entre 11 h et 17 h. La raison : grâce au solaire, l’électricité est plus abondante en journée, et le réseau s’adapte pour mieux faire coïncider production et consommation.
Le calendrier annoncé par Enedis : une phase 1 de novembre 2025 à juin 2026 pour 1,7 million de clients, avec de nouvelles heures creuses identiques en été et en hiver ; une phase 2 de décembre 2026 à octobre 2027 pour 9,3 millions de clients, avec des heures creuses différentes entre l’été et l’hiver.
Concrètement, si votre pompe à chaleur ou votre chauffe-eau sont programmés sur des heures creuses fixées il y a des années, le créneau sous lequel ils tournent peut se déplacer sans que votre programmateur, lui, bouge d’une minute. Vérifiez vos créneaux sur votre facture ou dans votre espace client avant de conclure quoi que ce soit sur votre autoconsommation.
Les aides pompe à chaleur en vigueur aujourd’hui, avec leurs dates
Deux dispositifs distincts, à ne pas mélanger.
MaPrimeRénov’, parcours par geste, en métropole, selon Service-Public :
| Équipement | Revenus très modestes | Modestes | Intermédiaires |
|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € |
| Pompe à chaleur géothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € |
Les montants air/eau s’entendent dans la limite de 12 000 € de dépense, les montants géothermiques dans la limite de 18 000 €. Les travaux doivent être réalisés par un professionnel certifié RGE ; les revenus retenus sont les revenus fiscaux de référence (RFR) de l’année N-1 ; le logement doit avoir été construit depuis au moins 15 ans, deux ans seulement pour une pompe à chaleur air/eau, une pompe à chaleur géothermique ou solarothermique avec échangeur souterrain, ou un raccordement à un réseau de chaleur ou de froid. Le barème par geste n’affiche aucun montant pour les revenus supérieurs en métropole. Et depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur ne peut plus être accordée dans une maison individuelle si un chauffage au gaz est conservé après les travaux.
Prime Coup de pouce chauffage (CEE). Depuis le 1er septembre 2026, la prime n’est accordée que si le modèle choisi a reçu un agrément de l’État ; la liste des pompes à chaleur agréées a été fixée par un arrêté du 2 juillet 2026 (Service-Public). Les critères sont une certification européenne et une fabrication dans l’Espace économique européen, où doit avoir eu lieu l’assemblage final du circuit frigorifique pour un monobloc, ou l’assemblage final d’au moins un sous-ensemble de ce circuit pour un split.
Conséquence pratique : un modèle choisi sans vérifier cette liste peut être parfaitement bon et ne pas ouvrir droit à la prime. Avant de signer, vérifiez montants et conditions sur ces deux pages officielles.
Combien de panneaux solaires pour une pompe à chaleur ? Partez de vos propres kWh mensuels
Vous détenez déjà la moitié des données que photovoltaique.info juge indispensables : la courbe de production. Elle est dans l’application de votre onduleur ou dans le rapport mensuel que la marque vous envoie, mois par mois et souvent jour par jour. La marche à suivre :
- Sortez douze mois de production réelle, en kWh par mois, depuis l’application du fabricant ou vos rapports mensuels.
- Lancez PVGIS pour votre propre toit (vos coordonnées, votre inclinaison, votre azimut, votre puissance en kWc) et mettez les deux colonnes côte à côte.
- Sortez votre consommation des factures et de l’espace client de votre fournisseur, mois par mois, en séparant si possible avant et après l’installation de la pompe.
- Comparez les mois, pas l’année. Une moyenne annuelle noie précisément le décalage saisonnier dont il est question ici.
Quand un mois décroche par rapport à PVGIS et par rapport au même mois de l’année précédente, il reste à savoir si c’est la météo ou l’installation. C’est un exercice à part entière, avec ses fausses alertes : perte de production photovoltaïque : normal ou panne ? déroule la comparaison à la météo, et comment savoir si mes panneaux solaires fonctionnent donne les vérifications de base quand vous doutez de ce que l’application affiche.
Pourquoi un onduleur photovoltaïque muet coûte plus cher depuis que la pompe tourne
Avant la pompe à chaleur, une installation à l’arrêt vous faisait perdre du surplus injecté. Avec une pompe à chaleur, la maison continue de tirer du courant pour le chauffage, et ces kWh sont désormais achetés au réseau au lieu d’être, en partie, couverts par le toit. Combien exactement, seules vos factures le disent. La perte est donc de deux natures au lieu d’une.
Le coût d’une panne dépend surtout du délai avant qu’on la voie. Le rythme administratif français est annuel : l’index d’injection se relève une fois par an pour la facture EDF OA, ce qui laisse jusqu’à douze mois de silence possible (facture EDF OA et index d’injection Linky). Une production à zéro ne fait aucun bruit et n’allume rien dans la maison. Si l’application affiche « hors ligne » ou plus rien du tout, onduleur hors ligne, plus de production distingue les cas où la communication est morte de ceux où c’est la production.
Le même raisonnement s’applique à un seul string (une seule chaîne de panneaux) tombé ou à un onduleur photovoltaïque remplacé et mal reconfiguré : la maison reste chaude, la facture monte, et rien ne se signale. Seul votre historique de production, comparé à ce que la météo permettait, montre le problème. Solmiro fait cette comparaison chaque jour pour vous et vous écrit quand la production reste nettement en dessous ou s’arrête. La connexion est gratuite.
Les questions que posent les propriétaires
Une pompe à chaleur peut-elle tourner sur mes panneaux solaires en hiver ?
Pas sur les seuls panneaux, et les mois d'hiver sont les plus maigres de l'année. Pour une installation de 3 kWc à 35° plein sud avec 14 % de pertes, PVGIS donne 155,84 kWh en décembre et 173,29 kWh en janvier à Lyon, contre 443,52 kWh en juillet ; à Lille, 105,47 kWh en décembre et 116,76 kWh en janvier, contre 380,74 kWh en juillet. Le reste vient du réseau.
Une batterie permet-elle de stocker l'été pour l'hiver ?
Non. Une batterie stocke le surplus au moment où il est produit et le rend plus tard dans la même journée ; selon photovoltaique.info, elle augmente l'autoconsommation mais permet rarement de consommer toute la production sur place. Elle ne reporte pas juillet sur janvier.
Quelles aides existent aujourd'hui pour une pompe à chaleur ?
Pour MaPrimeRénov' par geste, en métropole, Service-Public indique : pompe à chaleur air/eau 5 000, 4 000 ou 3 000 € selon les revenus, dans la limite de 12 000 € de dépense ; pompe à chaleur géothermique 11 000, 9 000 ou 6 000 €, dans la limite de 18 000 €. Travaux par un professionnel certifié RGE. Par ailleurs, depuis le 1er septembre 2026, la prime Coup de pouce chauffage n'est accordée que si le modèle a reçu un agrément de l'État.
À quelle heure faire tourner la pompe à chaleur pour consommer son propre solaire ?
Enedis place désormais trois heures creuses en début ou milieu d'après-midi, entre 11 h et 17 h, parce que la production solaire rend l'électricité plus abondante en journée. Vos propres créneaux figurent sur votre facture ou dans votre espace client, et la bascule s'étale jusqu'en octobre 2027.
Combien de panneaux faut-il pour alimenter une pompe à chaleur ?
Aucun chiffre général ne répond à cette question. photovoltaique.info rappelle qu'estimer un taux d'autoconsommation demande deux jeux de données : la courbe de production de l'installation sur une année et la courbe de charge de consommation du bâtiment. Vous détenez déjà la première, dans l'application de votre onduleur ; la seconde vient de vos factures et de votre compteur.